PLANT THE FUTURE – Respecter les animaux, protéger la planète

Embargo jusqu’au 27 octobre

 

Le nouveau rapport issu du processus participatif de Slow Food, présenté lors de l’évènement Slow Beans à Capannori (Italie), fait émerger six éléments clés et trace la future stratégie du mouvement.

Le rapport fraichement rédigé du processus participatif engagé par Slow Food donne la parole au réseau Slow Food et expose les résultats d’une discussion générale entre les agriculteurs, pêcheuses, artisans, peuples autochtones, cuisiniers, jeunes, éducatrices et militants autour de la transition vers une alimentation saine et riche en végétaux favorisant l’agroécologie et la pêche artisanale. « Il est temps de le dire haut et fort : nous savons tous que l’augmentation de la consommation d’aliments industriels d’origine animale ces dernières décennies s’est faite au détriment de la sécurité alimentaire et de la santé humaine, qu’elle s’est avérée désastreuse pour le bien-être animal et a contribué à l’urgence climatique, commente Richard McCarthy, membre du conseil de Slow Food. Nous devons agir et ce sans attendre. Notre système alimentaire joue un rôle clé dans la perte de biodiversité, les émissions de gaz à effet de serre ou la pollution, surtout par l’impact des exploitations et de la pêche industrielles sur l’environnement, la santé publique, la souveraineté alimentaire, les droits des animaux et bien d’autres. » Ce que fait Slow Food, notamment par l’intermédiaire de ce rapport, c’est élaborer une vision plus large en faveur de l’agroécologie. « Dans cette perspective, nous devons prendre en considération qu’une partie significative de la population mondiale n’a pas accès à une alimentation artisanale produite de manière durable. Nous entendons donner une voix aux franges les plus marginalisées de la population et faire la lumière sur les besoins au niveau local, » ajoute Francesco Sottile, membre du conseil de Slow Food.

Dans le rapport Plant the Future, les réseaux de Slow Food se font entendre sur les sujets les plus actuels, de l’exploitation et la pêche intensives à l’utilisation des pesticides, en passant par la souveraineté alimentaire et la santé publique. « La solution, c’est l’agroécologie, conçue comme approche holistique et généralisée appliquant des concepts et principes à la fois écologiques et sociaux à la conception et à la gestion de systèmes alimentaires et agricoles durables, » conclut-il.  Slow Food et de nombreuses organisations de la société civile sont convaincus que, plus qu’un ensemble de pratiques agricoles, l’agroécologie peut transformer les relations sociales, en autonomisant les communautés locales et en priorisant les filières courtes.

La réponse de Slow Food

Afin d’intégrer un sujet politique délicat au mouvement et commencer à prioriser des actions, Slow Food a organisé un processus participatif avec son réseau pour rassembler toutes les connaissances personnelles de la situation dans des contextes locaux. Treize réunions et tables rondes se sont tenues en mars et avril 2023, impliquant plus de 200 personnes de 50 pays, représentant chaque continent et chaque groupe d’intérêt spécifique. Ces cessions abordaient les problèmes les plus urgents atour de l’élevage et de la pêche dans différentes régions, les solutions potentielles, et les priorités sur lesquelles Slow Food s’engage à se concentrer en fonction des besoins du réseau local.

« L’objectif de ce rapport est de fournir une analyse des résultats du processus participatif, qui reflète et inclut les voix d’une multitude d’acteurs du monde entier, en incluant les groupes généralement exclus du débat. Ses résultats permettront de développer une nouvelle stratégie pour répondre à ces problématiques, en regard de la diversité des expériences et priorités locales, et de tracer une chronologie menant au prochain Congrès international de 2026, commente Ottavia Pieretto, responsable du programme de Slow Food. Les résultats reflètent la complexité et la diversité du réseau de Slow Food autour du monde et ce qui en a émergé, c’est qu’il n’y a pas un seul chemin à suivre pour contrer l’élevage et la pêche industriels et favoriser l’agroécologie, mais que les solutions doivent être pensées en fonction du contexte environnemental, social et économique local. »

Refuser l’élevage intensif et la pêche industrielle. Choisir l’agroécologie.

En abordant la notion d’aliments “végétaux”, le réseau de Slow Food cherche à prendre ses distances avec les aliments ultra transformés, généralement issus de monocultures intensives et qui ne contiennent aucune information concernant l’utilisation de pesticides et d’engrais synthétiques. Il faut pour cela insister sur la capacité d’une alimentation riche en végétaux à inclure des aliments d’origine animale issus d’exploitations agroécologiques, tout en intégrant plus de légumes, de fruits, de légumineuses, de noix, ainsi que de champignons et d’algues, qui contribuent tous à une alimentation plus saine. Les réseaux de Slow Food ont clairement appelé à une amélioration agroécologique de l’approvisionnement en aliments d’origine animale, c’est-à-dire soutenant les bergers, pêcheurs et fromagers qui mettent en pratique au quotidien des mesures agroécologiques.

Au sein de cette réflexion, les légumineuses représentent une source de protéines de grande valeur et offrent une solution aux nombreux défis que nous affrontons : leur culture, si elle des méthodes fondées sur les principes de l’agroécologie, a un impact environnemental faible comparé aux produits industriels d’origine animale ou aux cultures industrielles de légumes secs, en raison de leurs émissions significativement inférieures en gaz à effet de serre, ainsi que leur demande bien inférieure en eau et en terres. Elles doivent être considérées comme une composante importante et enrichissante de notre régime alimentaire, et pas seulement comme un substitut aux produits d’origine animale. C’est pourquoi Slow Beans, l’évènement organisé à Capannori (Italie) du 27 au 29 octobre, est l’occasion toute choisie pour présenter ce document. 

Le rapport Plant the future en 6 points

  1. Agroécologie – Pour la plupart des communautés Slow Food, l’agroécologie est la clé de voûte pour assurer un accès universel à une alimentation riche en nutriments et respectueuse des cultures ; pour préserver la biodiversité et les ressources naturelles ; pour s’adapter à la crise climatique et restaurer le rôle central de l’agriculture et des exploitants dans le système alimentaire, assurant ainsi la justice sociale et les droits humains. De plus, des formations en agroécologie sont nécessaires à tous les niveaux.
  2. Surconsommation – La viande et ses dérivés sont consommés différemment autour du monde : dans la majorité des pays du Nord, on constate une surconsommation des produits industriels d’origine animale, tandis que des millions d’individus ne bénéficient même pas d’une sécurité alimentaire.
  3. Accaparement des ressources – Les populations des pays du Sud, tout comme les peuples autochtones, souffrent de l’accaparement des richesses, un processus qui permet l’existence même du système alimentaire industriel mondial, largement alimenté par des produits d’origine animale s’appuyant sur du fourrage d’importation.
  4. Besoins locaux – Il n’y a pas de solution miracle à mettre en place dans tous les pays : différentes approches doivent être désignées en fonction des problèmes les plus urgents d’un contexte local spécifique. Pour s’attaquer à des problèmes liés à la crise climatique, à la pêche et l’élevage industriels, les cibles clés qui ont émergé sont les producteurs alimentaires, les chefs cuisiniers, les jeunes et les décisionnaires à l’échelle locale.
  5. Fausses solutions– En s’attaquant à l’élevage industriel, le réseau Slow Food indique clairement son opposition aux “solutions” proposées par les modèles industriels qui ont créé le système alimentaire dysfonctionnel actuel, comme la viande cultivée en laboratoire (même si elle est végétale) et la production industrielle d’insectes à vocation alimentaire.
  6. Efforts communs– Une lutte aussi complexe doit être un effort collectif, unissant les organisations, centres de recherche, personnalités politiques, universités et autorités locales partageant des idées communes.

Ce processus a été rendu possible par une collaboration avec Meatless Monday, mouvement mondial encourageant les individus à réduire la présence de viande dans leur alimentation, pour leur santé et pour celle de la planète, en association avec le Johns Hopkins Center for a Livable Future.

Le rapport PLANT THE FUTURE. Respecter les animaux, protéger la planète est disponible ici.

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